Ascension… et Retour du Christ
L’Ascension est une fête chrétienne célébrée quarante jours après Pâques. Ce jour férié dans beaucoup de pays tombe souvent un jeudi du mois de mai. Il ne faut pas confondre l’Ascension avec l’Assomption, tradition apocryphe tardive érigée récemment en un dogme par l’Eglise catholique et selon laquelle Marie de Nazareth, mère de Jésus serait également montée au ciel. Avant de quitter la terre, Jésus Christ a aussi promis de revenir un jour… Mais comment ?
Les Mystères de la Passion du Christ RF 1985-2 Antonio CAMPI Crémone, 1524
Denon 1er étage Grande Galerie salle 712 Bois transposé sur toile
On note le souci narratif et anecdotique qui préside à cette représentation minutieuse d'épisodes précis de la Passion, de la Résurrection et de l'Ascension du Christ.
On reconnaît ici le principe d'édification du fidèle et d'encouragement de sa foi caractéristique des "exercices spirituels" que prônaient en Lombardie les tenants de la Contre-Réforme réunis autour du cardinal Charles Borromée. Le tableau fut commandé par ce dernier pour son "petit oratoire'' de l'archevêché de Milan.
« Mais il les conduisit dehors jusqu’à Béthanie, et il leva les mains et les bénit. Comme il les bénissait, il fut séparé d’eux et commença à être emporté au ciel. Et ils lui rendirent hommage et retournèrent à Jérusalem avec une grande joie. Et ils étaient continuellement dans le temple, bénissant Dieu. » Luc 24:50-53
« Et après qu’il eut dit ces choses, tandis qu’ils regardaient, il fut élevé et un nuage le déroba à leur vue. Ce Jésus qui a été enlevé d’auprès de vous dans le ciel
viendra ainsi de
la même manière que vous l’avez vu s’en aller au ciel. » Actes 1:9-11
AA354
Les sources essentielles du récit de l’ascension de Jésus de Nazareth après l’épisode de la Résurrection se trouvent dans deux textes qui, au regard de leur unité tant théologique que littéraire, sont probablement écrits par le même auteur : l’évangile de Luc et les Actes d’Apôtres. Luc est le seul parmi les évangélistes à raconter cet épisode qui constitue la fin du premier ouvrage et inaugure le second, ce qui a amené des chercheurs à postuler que les deux documents n’en constituaient originellement qu’un seul.
Triptyque : l'Ascension OA 6340
Ivoire Italie du sud
Fin du XIe siècle Richelieu 1er étage Suger salle 502
Triptyque de la Résurrection du Christ MI 247
Volet droit: L'Ascension du Christ
Richelieu 2ème étage Pays-Bas salle 818
Peint par Memling à la fin de sa carrière, vers 1490, étant donné l'utilisation d'un motif de la Renaissance italienne, la guirlande tenue par des putti, pour former au-dessus du Christ ressuscité un dais tout à la fois naturel et solennel.
Avant de quitter la terre, Jésus Christ a promis de revenir. Des événements marquants qui ont un rapport avec le Royaume de Dieu devaient accompagner la réalisation de cette promesse. Les mots venue et présence ne sont pas synonymes. Si la venue d’une personne (que ce soit son arrivée ou son retour) se produit à un moment bien précis, sa présence peut se prolonger ensuite sur plusieurs années. Dans les Écritures, le verbe grec érkhomaï (qui signifie “venir”), utilisé à propos de Jésus, indique que celui-ci dirige son attention vers une tâche importante, à un moment donné aucours de sa présence, lorsqu’il agit en tant qu’exécuteur des jugements divins.
« Car, de même que furent les jours de Noé, ainsi sera la présence (avènement, Jérusalem, Thompson ; retour, Kuen) du Fils de l’homme. Car, de même qu’ils étaient en ces jours d’avant le déluge : ils mangeaient et buvaient, les hommes se mariaient et les femmes étaient données en mariage, jusqu’au jour où Noé est entré dans l’arche ; et ils n’ont pas été attentifs jusqu’à ce que le déluge vienne et les emporte tous, ainsi sera la présence du Fils de l’homme. » Matthieu 24:37-39
Le Déluge Poussin inv 7306
En Matthieu 24:37, on trouve le mot grec parousia. Il signifie littéralement “qui est près de”. Le Dictionnaire grec-français de Bailly (Paris, 1963) donne pour première définition de parousia: “Présence”. Le sens de ce mot est évident en Philippiens 2:12, où Paul oppose sa présence (parousia) à son absence (apousia). Par contre, en Matthieu 24:30, où il est dit que le ‘Fils de l’homme vient sur les nuées du ciel avec puissance et grande gloire’ pour exécuter les jugements divins lors de la guerre d’Har-Maguédon, c’est le mot grec érkhoménon qui est utilisé. Des traducteurs rendent ces deux mots grecs par “ venue ” et ‘ venir ’, d'autres font une distinction entre les deux.
« Et alors le signe du Fils de l’homme apparaîtra dans le ciel, et alors toutes les tribus de la terre se frapperont la poitrine en se lamentant, et elles verront le Fils de l’homme venir sur les nuages du ciel avec puissance et grande gloire. » Matthieu 24:30
Le thème du Jugement dernier, très répandu dans l'art byzantin, est traité avec une grande complexité en Russie centrale et septentrionale durant les XVIe et XVIIe siècles ; il orne souvent, sous la forme de peinture murale ou d'icône monumentale, le revers du mur occidental des églises.
Le Jugement dernier RF 1972 RUSSIE XVIIe siècle
Denon salle 734
Malgré le fourmillement des personnages et des détails, la composition, divisée en registres bien distincts, reste ici relativement lisible : au centre, le trône de l'Hétimasie (la seconde venue du Christ prédite par l'Apocalypse) avec la tunique du Christ, la croix et les instruments de la Passion ;
il est encadré à gauche par les élus, à droite par les damnés (parmi ceux-ci, des occidentaux reconnaissables à leurs costumes et leurs chapeaux noirs), à qui Moïse montre le Christ en gloire.
Au-dessus, le tribunal céleste avec ses juges (le Christ, Dieu le Père et la Trinité), ses assesseurs (les apôtres), sa garde (les milices célestes) et ses avocats (la Vierge et Jean-Baptiste qui intercèdent pour l'humanité représentée aux pieds du Christ par Adam et Eve). Tout en haut, deux anges enroulent le cosmos, marquant ainsi la fin des Temps. A la partie inférieure, le Jugement proprement dit avec la pesée des âmes qui, selon les cas, sont introduites par saint Pierre au Paradis (en bas à gauche) ou précipitées dans l'Enfer, figuré par un lac de feu et un abîme. Le serpent du péché appartient en propre à l'iconographie russe : sorti de la gueule du monstre à deux têtes, il forme un long méandre annelé avec les péchés capitaux et s'apprête à piquer le talon d'Adam. Sur l'encadrement, de nombreuses inscriptions, en grande partie perdues, explicitent cette interprétation cosmogonique et foisonnante du Jugement dernier.
« Le règne de Dieu ne viendra pas d’une façon spectaculaire, comme un événement extérieur que l’on pourrait observer. » (Luc 17:20, Parole vivante). La transcription de Kuen met en note : « De manière ostensible, apparente, perceptible qui frappe les regards, avec les marques et des signes que l’on pourrait constater ». « Ce Jésus qui a été enlevé d’auprès de vous dans le ciel viendra ainsi de la même manière que vous l’avez vu s’en aller au ciel. » (Actes 1:11) La Bible emploie le mot grec tropos, qui signifie manière et non morphê, qui signifie forme.
Les anges n’ont pas dit que Jésus revendrait sous la même forme, mais de la « même manière » (Jérusalem, Thompson, Kuen), sans exhibition publique, mais discernée uniquement par ses disciples. La Bible emploie le mot grec tropos, qui signifie manière et non morphê, qui signifie forme. Le verset 9 dit que seuls les apôtres ont été témoins de son départ. Le monde en général ne s’est pas rendu compte de ce qui se passait. Aujourd’hui aussi, il est possible de discerner les preuves du retour et de la présence invisible du Christ.