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      Le Livre des morts anonyme

      N 3073


      Sully salle 17 vitrine 2

      Le Livre des morts est parmi
      les plus anciens textes religieux
      de l’humanité.

 Le Livre des morts anonyme

Ce recueil de formules et d’incantations est destiné à guider l’âme dans l’au-delà et à la protéger des dangers qui la menacent. Les papyrus, glissés dans le sarcophage ou dans les bandelettes de la momie, décrivent les pérégrinations de l’âme après la mort. Notez le jugement du mort au chapitre 125. La nécessité de l’union dans l’au-delà de l’âme (ba), de l’esprit (akh) et du corps est particulièrement marquée. AE29

Anubis, le dieu à tête de chien, place dans le plateau gauche de la balance le cœur du défunt représentant son âme, et dans l’autre plateau Maât, déesse de la Vérité et de la Justice, symbolisée par une plume. Thot inscrit le résultat de la pesée sur sa tablette avant de la communiquer à Osiris. Si l’arrêt est favorable AE30, l’âme s’en ira goûter la félicité auprès des dieux.

Les Egyptiens divisaient la personne en trois entités : Le ka, le ba, et le akh. Le ka était la copie spirituelle du corps physique. Après la mort, le ka quittait le corps et habitait la tombe. Le ba symbolisait la personnalité du défunt et il était représenté par un oiseau à tête humaine. Le akh germait de la momie tandis que des incantations étaient récitées. Le akh habitait le monde des dieux. AE31

 Les Égyptiens croyaient en l'immortalité de l'âme

Papyrus funéraire de Sérimen    E 17400
Sully salle 13 vitrine 11

Très pauvre en textes, ce payrus est surtout orné de représentations tirées du livre des morts.

Notez en bas l’âme du mort, sous la forme d’un oiseau, qui vole au-dessus de sa momie veillée par les déesses.

Cette « âme » porte la partie supérieure d’une croix ansée, car pour les Egyptiens, la mort n’est qu’une coupure dans la vie.
 

 Papyrus funéraire de Sérimen    E 17400

Comme les Babyloniens, ils croyaient en l’immortalité de l’âme. Ces images évoquent aussi les scènes du « jugement dernier » du porche central de Notre-Dame.
 
     Portail du Jugement Dernier  


     Façade de la Cathédrale Notre-Dame, Paris

     Au milieu de ce portail central :
     la Pesée des Ames.

     Les élus sont emmenés au ciel
     par des anges, les réprouvés entraînés
     en enfer par des démons.

     Dans la pointe, le Christ est assis
     sur son tribunal.
 
La croyance en l’immortalité de l’âme et ses variantes ont été façonnées par un même concept babylonien. La mort était considérée par les théologiens chaldéens comme le passage à une autre forme de vie. AE32

C’est aussi un produit de l’esprit grec, qui doit son élaboration et son développement dans la pensée occidentale au philosophe Platon AE33, tandis que l’espérance d’une résurrection appartient à la pensée juive. AE34

 L’immortalité de l’âme, un concept babylonien

 La philosophie grecque va faire
pénétrer cette notion d’âme immortelle
chez les théologiens.
Mais c’est une perversion totale

Toute la pensée chrétienne va être déviée à partir de cette mutation provenant de la philosophie grecque et des cultes orientaux.

Jacques Ellul AE34

 

Spinoza choquait juifs et chrétiens
en découvrant que la notion d’immortalité de l’âme était totalement étrangère à l’Ancien Testament.

C’est par cette idée d’immortalité
que l’Egypte se distingue le plus
des autres cultures. 

Jan Assmann AE32

 
Hérodote, historien grec du Vsiècle av.nè., a écrit que les Égyptiens ont été « les premiers à avoir énoncé cette doctrine, que l’âme de l’homme est immortelle ». AE81

Les Babyloniens, pensait aussi que l’âme était immortelle. Quand Alexandre le Grand a conquis le Moyen-Orient en 332 avant notre ère, les philosophes grecs avaient déjà rendu populaire cet enseignement qui s’est ensuite rapidement répandu dans tout l’Empire grec. Au Ier siècle de notre ère, deux sectes juives importantes, les Esséniens et les Pharisiens, enseignaient que l’âme survit à la mort du corps. The Jewish Encyclopedia déclare que les Juifs découvrirent la notion d’âme immortelle au contact de la pensée grecque, principalement de la philosophie de Platon. L’historien juif Josèphe, qui a vécu au Ier siècle, a attribué cet enseignement, non pas aux Saintes Écritures, mais aux croyances des « fils des Grecs », qu’il considérait par ailleurs comme étant une compilation de mythes et de légendes. AE82 
AE35
 

Tête de saint Augustin   

RF 1640


Denon salle C vitrine 32

 

L’enseignement selon lequel
l’âme serait immatérielle  

est le fruit d’un long développement de la philosophie chrétienne

sous la réflexion d’Origène et de saint Augustin (354-430).

Ce théologien, père et docteur de l’Eglise,
est l’auteur des Confessions et
de la Cité de Dieu AE36  A1105

 
Alors que la culture grecque continuait de se propager, de prétendus chrétiens ont eux aussi adopté cet enseignement païen. Selon l’historien Jona Lendering, « l’hypothèse de Platon selon laquelle notre âme qui était autrefois dans un endroit meilleur vit aujourd’hui dans un monde déchu a favorisé la fusion de la philosophie platonicienne et du christianisme » (livius.org/plato). Le dogme païen de l’immortalité de l’âme a ainsi été adopté par l’Église dite chrétienne pour devenir l’une de ses croyances fondamentales.
 
Le récit de la création dit : « Yhwh forma alors l’homme avec de la poussière tirée du sol et il souffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint une âme vivante. » L’expression « une âme vivante » traduit le mot hébreu nèphèsh, qui signifie littéralement « créature qui respire » (Genèse 2:7) AE83 

La Bible montre donc que Dieu n’a pas créé les humains avec une âme qui serait immortelle, mais que chaque humain est « une âme vivante », ou « un être vivant ». On ne trouve dans aucun texte biblique l’expression « âme immortelle ». La notion de l’immortalité de l’âme n'est donc pas biblique. Les termes originaux employés dans les Ecritures (héb. nèphèsh ; gr. psukhê) utilisés à propos des créatures terrestres désignent toujours ce qui est matériel, tangible, visible et mortel.

 

 





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