Découvrez
Ajoutez à vos favoris
Recommandez LB
le Louvre avec la Bible
default|default.titre
default|default.titre
Jouez avec LouvreBible !
quiz.louvrebible.org
S'inscrire à la newsletter !
www.louvrebible.org
Actualités
Tableau du mois
Oeuvre du mois
Livre du mois
Article du mois
Emplacement
Mésopotamie archaïque
Mésopotamie
Assyrie Ninive
Arslan Tash Til Barsip
Iran Palais de Darius
Phénicie Arabie Palmyre
Levant Syrie côtière
Ougarit Byblos
Grand Sphynx Le Nil
Les loisirs Le temple
Les sarcophages
La momie
Le livre des morts
Les dieux
Ancien et Nouvel Empire
L écriture et les scribes
Salle Campana
Salle des Bronzes
Salle des Caryatides
Art romain
Epoque Julio-Claudienne
Antiquité tardive
Gaule, Afrique et Syrie
Visite thématique
Recherche une oeuvre
Recherche sur un thème
Visite ludique
Le saviez-vous - série 1
Le saviez-vous - série 2
Le saviez-vous - série 3
Diaporama
En savoir plus ?
Commander le livre par Internet
Bon de commande A imprimer
Contact
Bibliographie
Notes
Glossaire


Quand la monnaie n’existait pas
 
 
Mots clés : troc, mine, sicle, darique, unités de poids, pierre de touche
 
 
Avant que l’or et l’argent ne servent de moyen d’échange, une des plus anciennes formes de transaction commerciale est le troc de bétail ou de produits alimentaires.
 
Le mot latin pecunia (argent) dérive de pecus qui signifie bétail. « Ils (les Egyptiens) amenèrent donc leur bétail à Joseph ; et Joseph leur donnait du pain en échange de leurs chevaux. » (Genèse 47:17). Et de Mesha, le roi de Moab, il est dit qu’il « payait au roi d’Israël cent mille agneaux et moutons mâles non tondus » (2 Rois 3 :4). Les produits alimentaires sont également un moyen d’échange. Salomon s’engagea à rémunérer les travailleurs avec d’importantes quantités de blé, d’orge, de vin et d’huile (1R 5:2-6 ; 2 Ch 2:3-10). AA24
     

Le mot latin pecunia (argent)
dérive de pecus
qui signifie bétail

« Les Egyptiens amenèrent donc leur bétail
à Joseph ; et Joseph leur donnait du pain
en échange de leurs chevaux. »
 (Genèse 47:17).
     
Comme les transactions commerciales exigeaient une pesée, les unités de poids devinrent naturellement aussi des unités monétaires. C’est la phase du troc monétaire qui apparaît très  tôt en Mésopotamie. AA25
     
Cette unité de mesure,
qui deviendra aussi une
unité monétaire
 
est marquée
‘ une demi-mine ’
(ici 248 grammes)
 
et porte le croissant lunaire,
emblème du dieu-lune
Sîn, protecteur d’Our.
  
 
Ce poids en diorite date du début du XXIème  siècle avant J-C.
 
Poids au croissant lunaire
 
AO 22187
 
Richelieu
Salle 2 vitrine 6 (8)
 
   
La mine est une unité de mesure pondérale (manu) dont le nom est formé à partir de la racine signifiant « compter ». AA26
 
Elle correspondait à environ ½ kg en Assyrie et en Babylonie. 
   
Les Égyptiens ne connaissent pas les pièces de monnaie. Les transactions se font par rapport à des valeurs de référence (métal, grain) évaluées au poids. L’unité de poids au Moyen Empire est l’anneau (environ 12, 7 g). A partir du Nouvel Empire l’unité est le dében qui pèse environ 100 g.
   
 
Sully
 
Rez-de-Chaussée
 
Salle 6 vitrine 6
 
Poids et mesures
 
     
 
     
Mais le bétail et les produits alimentaires n’étaient pas toujours des moyens d’échange commodes bien que souvent utilisés comme moyen de transaction. On en vint donc à se servir de métaux, tels que l’or et l’argent. Comme les transactions commerciales exigeaient une pesée, les unités de poids devinrent naturellement aussi des unités monétaires. C’est le cas pour les israélites. On connait cinq divisions principales : le guéra, le demi-sicle, le sicle, la mine, et le talent. AA27   AA254
     
 
Poids en forme de lion      Sb 2718
VIe - IVe siècle avant J.-C.      Bronze
Sully Rez-de-ch Iran salle 12 a
 
 
Poids avec signe de Tanit AO 2042
Ve - IIe siècle avant J.-C. Plomb
Sully R-de-ch Levant  salle 17 b
   
Au temps d’Abraham, des métaux précieux tenaient lieu de monnaie, sans doute façonnées en barres ou en anneaux (Genèse 24:22, Josué 7:21). Le terme hébreu courant rendu par monnaie, kèsèph, désigne littéralement de l’argent-métal. (Genèse 17:12, TMN, note). Ces objets en métal étaient souvent pesés au moment du paiement ; ce qui impliquait aussi l’existence d’un système connu et admis par tous.
 
Ainsi « Abraham pesa à Ephrôn le montant en argent dont il avait parlé, en présence des fils de Heth, quatre cents sicles d’argent au cours des marchands. » Genèse 23:16. Après avoir acheté un terrain en Israël, le prophète Jérémie écrit : « Et je me suis mis à peser l’argent : sept sicles et dix pièces d’argent. » Jérémie 32:9
 
Le terme hébreu pour sicle est shukal, qui signifie peser.
Les témoignages archéologiques laissent penser qu’un sicle pesait à peu près 11,4 g. Le sicle fut emprunté
aux Cananéens, qui eux-mêmes l’empruntèrent aux Babyloniens. AA28

Les témoignages
archéologiques laissent penser
qu’un sicle pesait
à peu près 11,4 g

     
Poids inscrits         AO 23015-18
 
Quatre poids inscrits

Age du Fer (1150 - 587 avt J.-C.) Mont Ophel, Jérusalem
Marbre rose
 
Sully Rez-de-chaussée
Levant Salle D vitrine 5 
     
Ces boules de pierre polies sont aplaties à la base. De petites fractions d’un sicle pouvaient ne mesurer qu’un centimètre de diamètre et peser 2 à 3 gr. Pour qu’on les identifie plus facilement, le graveur de sceaux inscrivait leur valeur sur les poids.
   
Dieu ordonna l’honnêteté et l’exactitude
dans l’utilisation des balances (Lv 19:35, 36),
car une balance trompeuse était détestable pour lui
(Pr 11:1 ; 16:11 ; Éz 45:10).
 
Il arrivait que les Israélites se servent de balances frauduleusement (Ho 12:7 ; Am 8:5) et ils allèrent plus loin dans la tromperie en utilisant des poids inexacts, un jeu pour acheter et un autre pour vendre. - Pr 20:23.
" Deux sortes de poids sont
chose détestable pour YHWH,
et une balance trompeuse,
ce n’est pas bien. "
Proverbes 20 :23
 
" Quant au marchand, dans sa main sont les balances de la tromperie ; oui, il aime spolier."  Osée 12:7
 
Le peseur d’or et sa femme  
Inv 1444
 
Quentin METSYS
Louvain, 1465/1466 - Anvers, 1530
 
Richelieu
2ème étage Pays-Bas salle 9
 
Tableau à contenu allégorique et moralisateur (signes de vanité, symboles chrétiens tels que la balance du Jugement dernier, dénonciation de l'avarice et exaltation de l'honnêteté)
bien plus que documentaire et descriptif (évocation d'une réalité professionnelle de l'époque : prêteur d'argent, ou de la dévotion du temps : livres d'heures)
d'autant que les costumes, curieusement archaïsants semblent renvoyer à une époque plus ancienne.

Le miroir est un détail fascinant qui rappelle la virtuosité de Van Eyck.
www.louvre.fr
   
Beaucoup pensent que les premières pièces furent frappées vers 700 av. n. è. C’est donc peut-être après être revenu de l’exil à Babylone que les Israélites commencèrent à utiliser les pièces de monnaie dans leur pays. Les livres bibliques postexiliens font référence à la darique perse (1 Chroniques 29:7 ; Ezr 8:27) et aux drachmes (héb. : darkemônim), qui correspondent généralement à la darique (Ezr 2:69 ; Ne 7:70-72). AA29
     
Darique d’or  
Fds gén 44
 
Sully
Rez-de-chaussée
Salle 12 a vitrine 1
 
Cette darique qui fut frappée pendant deux siècles à partir de la fin du VIe siècle av. n. è. montre sur le côté face un roi, un genou en terre, tenant de la main droite une lance et de la gauche un arc.
   
A la même époque que le prophète Jérémie des commerçants innovateurs de Lydie ont découvert un moyen de simplifier les échanges : l’utilisation de pièces de monnaie au poids standard, garanti par un poinçon officiel.
 
Les Lydiens se sont aperçus qu’une variété locale de roche noire permettait de tester la pureté de l’or. Cette utilisation de la pierre lydienne, ou pierre de touche, permettait de contrôler le titre des monnaies, et d’établir ainsi un système monétaire plus fiable.
     
   
 
Ce morceau de
schiste alluvial
imprime sur la pierre
des traces que l’on
compare à celles
laissées par un objet
en or ou
en argent
au titre connu.
 
     
 
Amphore à figures rouges    G 197
 
 
Vers 500 avant J.-C
 
 
Face A :
Crésus sur le bucher
 
 
Sully
 
Galerie Campana IV
Salle 43 vitrine 19 
Crésus, dernier roi de Lydie, fut battu par le roi perse Cyrus le Grand ; il fit élever un bûcher pour l’y brûler.
 
Reconnaissant la vérité que Solon lui avait dit, il s’écria : « O Solon, Solon ! » Cette parole remarquée par Cyrus lui sauva la vie. Il expliqua au vainqueur que ce philosophe qui lui avait rendu visite dans son palais de Sardes, loin d’être ébloui par tous les trésors de Crésus, s’était contenté de lui dire :
« N’appelons personne heureux avant sa mort. »
   
L’habitude d’éprouver l’or à la pierre de touche s’étant répandu parmi les commerçants, ce mot en est venu à désigner une méthode de mise à l’épreuve. En grec, il s’applique aussi aux tourments des personnes soumises à l’épreuve de la torture. Le mot grec (basanizô) a pour sens premier ‘ essayer les métaux avec la pierre de touche ’. AA30
 
Cette explication éclaire des textes bibliques intrigants, comme celui de Matthieu 18:34 et Apocalypse 20:10.
     
« Alors son maître l’a fait venir et lui a dit : ‘esclave
méchant, je t’ai remis toute cette dette, quand tu m’en
as supplié. Ne devais-tu pas à ton tour avoir pitié de ton coesclave, comme moi-même j’ai eu pitié de toi ?
Là-dessus son maître, pris de colère, l’a livré aux geôliers, jusqu’à ce qu’il ait rendu tout ce qu’il devait. »
 
Matthieu 18: 32-34
Selon une encyclopédie
biblique, AA31
Il est probable que c’est l’emprisonnement en lui-même
qui était considéré comme
un ‘ tourment ’ et il ne faut pas voir dans les ‘ tourmenteurs ’
autre chose que des geôliers. 
     
« Et le Diable qui les égarait a été jeté dans le lac de feu
et de soufre, où [se trouvaient déjà] et la bête sauvage
et le faux prophète ; et ils seront tourmentés jour et nuit
à tout jamais. »
 
Révélation 20:10
Ces ‘ tourments ’ éternels
de Satan laissent entendre
que son jugement servira
de pierre de touche, posant
ainsi les critères d’une jurisprudence ultérieure.
   
L'utilisation de la pierre de touche lydienne permet ainsi peut-être de mieux comprendre l’énigme du texte de l’Apocalypse et des paroles du Christ.

 

   
Références :
Jean Andreau, « De la Grèce à Rome : transmission et évolution des techniques de changeurs-banquiers », Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques, 4 | 1989. URL : http://ccrh.revues.org/
Dictionnaire Bailly Abrégé du dictionnaire Grec Français
Encyclopédie Etude perspicace des Ecritures
ISBE, The International Standard Bible Encyclopedia, tome 3, 1986, Money,
ISBE, The International Standard Bible Encyclopedia, tome 4, p 880, Tormentors 
F. Joannès, La Mésopotamie au 1er siècle av J-C, Armand Colin, 2008
G.W. Knight, The illustrated guide to Bible customs & curiosities, Barbour, 2007
Alan Millard, Des pierres qui parlent, Lumières archéologiques sur les lieux bibliques, Excelsis, 1985
Wikipédia, Crésus, Lydie
     
     
     
     
     
     
     

 





Vers visite rapide

Vers visite guidée

Antiquités orientales    Département antiquités orientales
Antiquités égyptiennes    Département antiquités égyptiennes
Antiquités romaines    Département antiquités romaines